**Le Style Musical Gnawa de Moussem : Un Voyage à Travers l’Histoire, la Culture et l’Art du Maroc**

Le style musical Gnawa, profondément ancré dans la culture marocaine, est une manifestation artistique fascinante, particulièrement mise en lumière lors du moussem d’Essaouira, un festival qui célèbre cette tradition avec ferveur. Ce texte vous emmène dans un voyage détaillé à travers les origines, l’histoire, les instruments, la structure musicale, les danses, et les artistes qui font vivre cette tradition séculaire.

Origine

Le style musical Gnawa trouve ses racines dans l’Afrique subsaharienne, en particulier parmi les esclaves venus de pays comme le Mali, le Soudan, le Ghana et le Sénégal, qui ont été amenés au Maghreb à partir du 16ème siècle. Ces populations, appelées Gnawa, ont apporté avec elles des éléments culturels et spirituels qui ont fusionné avec les traditions locales marocaines pour donner naissance à cette musique unique. Au fil du temps, cette musique est devenue un pilier de l’identité culturelle marocaine, particulièrement visible lors des moussems, des festivals annuels célébrant les saints patrons locaux.

Historique

Le moussem d’Essaouira, également connu sous le nom de Festival Gnaoua et Musiques du Monde, est l’un des événements les plus emblématiques dédiés à cette musique. Essaouira, anciennement connue sous le nom de Mogador, est une ville portuaire située sur la côte atlantique du Maroc. Fondée au 18ème siècle par Mohammed ben Abdallah, elle est devenue un carrefour culturel où les influences africaines, arabes et berbères se sont rencontrées.

Historiquement, la musique Gnawa a servi de moyen de guérison et de communication avec le monde spirituel. Les cérémonies appelées « lilas » ou « derdeba » sont des rituels nocturnes où la musique et la danse servent à invoquer les esprits et à établir un lien entre le monde matériel et spirituel. Ces cérémonies sont souvent dirigées par un « Maâlem » (maître), figure centrale dans la communauté Gnawa, qui guide les participants à travers les différentes phases de la transe.

L’évolution de la musique Gnawa a été marquée par son ouverture à divers genres musicaux, notamment le jazz, le reggae et le blues, grâce à des collaborations avec des artistes internationaux lors de festivals comme celui d’Essaouira. Ces échanges ont permis à la musique Gnawa de se réinventer tout en préservant ses racines traditionnelles.

Instruments

Les instruments utilisés dans la musique Gnawa sont spécifiques et possèdent chacun une signification et un rôle précis :

– **Guembri (ou Hajhouj)** : Cet instrument à cordes est central dans la musique Gnawa. Il est fabriqué à partir de bois de thuya, avec une peau de chameau tendue sur la caisse de résonance. Le guembri produit des sons graves et rythmiques qui forment la base de la musique Gnawa.

– **Qraqeb** : Ces castagnettes en métal produisent un son percussif et répétitif. Elles sont essentielles pour maintenir le rythme pendant les performances.

– **Tbel** : Un grand tambour joué avec des bâtons, utilisé pour marquer les moments clés des cérémonies.

– **Vocals** : Les chants sont une partie intégrante de la musique Gnawa. Ils sont souvent responsoriaux, avec un dialogue entre le Maâlem et le chœur.

Structure Musicale

La structure musicale Gnawa est caractérisée par son usage de modes pentatoniques, souvent en ré mineur, qui créent une ambiance mystique et envoûtante. Les motifs mélodiques sont répétitifs, facilitant l’entrée en transe des participants. Harmoniquement, la musique Gnawa ne repose pas sur des progressions d’accords complexes mais plutôt sur des ostinatos et des drones produits par le guembri.

Les compositions sont généralement divisées en suites, chacune dédiée à une entité spirituelle ou un « mlouk ». Chaque suite commence par une introduction instrumentale, suivie de chants et de danses, et se termine par une coda qui ramène les participants à un état de conscience normale.

Danses

Les danses Gnawa sont un élément essentiel des cérémonies, conçues pour induire la transe et permettre une connexion spirituelle. Les mouvements de danse sont souvent circulaires et répétitifs, symbolisant la continuité et le cycle de la vie.

– **Pas de base** : Les danseurs se déplacent en cercle, en tapant des pieds et en balançant les bras au rythme des qraqeb.

– **La Transe** : Au fur et à mesure que la musique s’intensifie, les danseurs peuvent entrer en transe, leurs mouvements devenant plus frénétiques et expressifs, souvent avec des secousses de tête et des gestes rapides des bras.

– **Les Pirouettes** : Les danseurs effectuent des rotations sur place, un mouvement souvent utilisé pour symboliser l’élévation spirituelle.

Exemples de Danses

Pour voir les danses Gnawa en action, voici quelques vidéos capturant l’essence de ces performances hypnotiques :

***video à venir***

Exemples Musicaux

La musique Gnawa a produit de nombreuses compositions mémorables, des classiques traditionnels aux fusions modernes :

Artistes

Plusieurs artistes ont marqué l’histoire de la musique Gnawa, chacun apportant sa propre touche à cette tradition :

– **Maâlem Mahmoud Guinia** : Considéré comme l’un des plus grands maîtres Gnawa, il a joué un rôle crucial dans la promotion de cette musique à l’international.

– **Maâlem Mustapha Baqbou** : Originaire de Marrakech, Mustapha Baqbou est connu pour son style énergique et ses collaborations avec des artistes de jazz.

– **Maâlem Hamid El Kasri** : Reconnu pour sa voix profonde et son jeu de guembri, El Kasri a su captiver les publics du monde entier.

– **Maâlem Hassan Boussou** : Fils du célèbre Maâlem Hmida Boussou, Hassan perpétue l’héritage familial avec une touche contemporaine.

– **Maâlem Abdellah El Gourd** : Actif à Tanger, El Gourd a collaboré avec des artistes comme Randy Weston pour promouvoir la musique Gnawa.

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– **Asma Hamzaoui** : L’une des rares femmes Maâlem, elle défie les traditions et inspire une nouvelle génération de musiciennes.

La musique Gnawa, à travers ses cérémonies, ses instruments distinctifs, et ses artistes passionnés, continue d’être une force vivante dans la culture marocaine. Elle témoigne de l’histoire riche et complexe du Maroc, tout en s’adaptant aux influences modernes pour captiver de nouveaux publics à travers le monde.

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