Ahouach des tribus berbères des confins sahariens du Maroc

Le style musical Ahouach des confins sahariens du sud marocain est une composante essentielle de la culture musicale des tribus berbères de cette région.

Ce genre, ancré dans les traditions millénaires des populations amazighes des zones de transition entre l’Anti-Atlas et le désert saharien, reflète une richesse et une diversité qui méritent une exploration approfondie.

Dans cet article, nous plongeons dans l’origine, l’historique, les instruments, la structure musicale, les danses et les artistes qui façonnent cette tradition musicale unique.

Origine

Le style Ahouach pratiqué dans les régions sahariennes du sud marocain puise ses racines dans les traditions nomades des tribus berbères telles que les Aït Atta, les Aït Baamrane, les Aït Ounir, et d’autres communautés amazighes établies dans les provinces du Drâa, de Tata, de Guelmim, de Zagora et du sud de l’Anti-Atlas.

Ce style musical est une expression collective, souvent présentée lors de rassemblements sociaux, de mariages et de célébrations communautaires.

Les chants et les danses qui composent l’Ahouach sont profondément ancrés dans les pratiques culturelles et spirituelles de ces communautés, mettant en avant des éléments de la vie quotidienne, de la nature et de la spiritualité.

Historique

L’histoire de cet Ahouach des régions sahariennes du sud marocain est intimement liée à celle des tribus berbères établies dans ces vastes territoires, entre montagnes et désert.

Certaines de ces tribus ont longtemps mené un mode de vie semi-nomade, développant une tradition musicale en harmonie avec leur environnement aride.

Au fil des siècles, l’Ahouach a évolué, intégrant parfois des influences venues d’Afrique subsaharienne ou des échanges avec les populations arabophones voisines, tout en conservant son essence amazighe.

Parmi les figures historiques marquantes associées à ce style musical, on cite Cheikh Mohamed El Fassi, poète et musicien du XXe siècle, qui a joué un rôle crucial dans la préservation et la diffusion de cette tradition.

Les villes de Guelmim et Tan-Tan constituent également des centres névralgiques pour cette pratique, accueillant des festivals annuels célébrant la culture berbère des confins sahariens.

Instruments

Les instruments utilisés dans cet Ahouach sont à la fois simples et symboliques, reflétant la vie dans le désert. Parmi les instruments les plus couramment utilisés, on trouve :

– Le Bendir : Un tambour à cadre traditionnel, souvent orné de motifs géométriques. Il produit un son profond et résonnant, essentiel pour le rythme des chants et des danses.

– La Nafir : Une longue trompe en métal ou en bois, utilisée pour marquer le début et la fin des performances. Elle produit un son puissant qui résonne à travers les dunes.

– Le Guembri : Un instrument à cordes pincées, semblable à un luth, fait de bois et de peau de chameau. Il apporte une dimension mélodique aux compositions.

– Les Qraqeb : Des castagnettes métalliques qui ajoutent un rythme percussif, souvent utilisées pour accompagner les chants.

Structure musicale

La structure musicale de cet Ahouach est principalement modale, utilisant des modes pentatoniques et heptatoniques caractéristiques des musiques berbères.

Les mélodies sont souvent répétitives et hypnotiques, créant une ambiance propice à la transe et à la méditation.

Harmoniquement, la musique repose sur des bourdonnes continues, créées par le guembri et les percussions.

Ces bourdonnes servent de toile de fond aux chants, qui alternent entre des passages solistes et des répons collectifs.

Le rythme est généralement ternaire, avec des variations subtiles qui ajoutent à la complexité de la performance.

Danses

Les danses Ahouach sont aussi importantes que la musique elle-même.

Elles sont exécutées en cercle, symbolisant l’unité et l’harmonie de la communauté.

Les danseurs, vêtus de costumes traditionnels, se tiennent par la main et exécutent des pas synchronisés, souvent en réponse aux chants.

Les pas de danse sont généralement simples mais rythmés, consistant en des mouvements de pieds rapides et des balancements de corps.

Les chorégraphies peuvent varier en complexité, allant de simples marches en cercle à des figures plus élaborées impliquant des sauts et des rotations.

Exemple de danse Ahouach :

Exemples musicaux

Cet Ahouach est riche en compositions musicales, allant des chants traditionnels aux performances contemporaines inspirées par le style.

Certaines des chansons les plus connues incluent :

– « Zayd Al Houda » : Un chant traditionnel interprété par des ensembles locaux lors de festivités.

– « Aït Atta » : Une chanson emblématique qui raconte l’histoire et les exploits de la tribu Aït Atta.

– « Tan-Tan Festival » : Une performance enregistrée lors du festival annuel de Tan-Tan, mettant en valeur des instruments traditionnels.

Exemple musical :

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Artistes

Plusieurs artistes ont marqué la scène de cet Ahouach, certains d’entre eux jouant un rôle crucial dans la promotion et la préservation de ce patrimoine musical.

1. Cheikh Mohamed El Fassi : Poète et musicien du XXe siècle, il a été un ambassadeur de cette musique à travers le monde.

2. Fatima Tabaamrant : Chanteuse et compositrice, elle est connue pour ses interprétations puissantes et son engagement envers la culture berbère.

3. Rachid Kasmi : Musicien et chercheur, il a consacré sa vie à l’étude et à la promotion de l’Ahouach.

4. Omar Boutmoulay : Artiste contemporain, il fusionne des éléments traditionnels avec des influences modernes pour créer une musique unique.

5. Le Groupe Aït Lemkadem : Collectif de musiciens qui perpétuent les traditions musicales de cette région à travers des performances en direct.

6. Zahra Al-Hassani : Chanteuse émergente, elle apporte une nouvelle énergie à la scène musicale amazighe du sud marocain avec ses compositions innovantes.

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Conclusion

Cet Ahouach des régions sahariennes du sud marocain est un style musical riche et varié, profondément enraciné dans les traditions amazighes des tribus berbères de ces territoires.

À travers ses instruments uniques, ses structures mélodiques envoûtantes, et ses danses vibrantes, il continue d’être une expression vivante d’un patrimoine musical transmis de génération en génération.

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