Origine

Les chants hula kahiko représentent une forme ancienne et sacrée de l’art hawaïen, enracinée profondément dans la culture et l’histoire des îles Hawaï. Le terme « kahiko » signifie « ancien » en hawaïen, et ces chants sont souvent considérés comme des prières ou des célébrations des dieux, de la nature, et des ancêtres. À l’origine, ils servaient à transmettre les histoires, les mythes et les légendes de l’archipel, bien avant l’arrivée de l’écriture. Les chants étaient donc un moyen crucial de préservation de la culture et des traditions orales hawaïennes.

Historique

L’histoire des chants hula kahiko est indissociable de celle des îles Hawaï et de leurs habitants. Avant l’arrivée des explorateurs occidentaux au XVIIIe siècle, les chants et danses hula étaient intégrés dans de nombreux aspects de la vie quotidienne hawaïenne, comme les cérémonies religieuses, les célébrations communautaires et les événements royaux.

L’origine exacte du hula est enveloppée de mythes. Selon certaines légendes, le dieu Laka est souvent crédité de la création du hula. Laka est vénéré comme le patron des chants et des danses, et des offrandes lui sont souvent faites avant les représentations. Le hula kahiko était traditionnellement exécuté dans un heiau, un temple hawaïen, ou dans un lieu sacré dédié à Laka. Les danseurs et chanteurs étaient souvent formés pendant des années sous la direction de kumu hula, ou maîtres de hula, qui enseignaient non seulement la danse et le chant, mais aussi l’histoire et la spiritualité derrière chaque performance.

L’arrivée des missionnaires chrétiens au XIXe siècle a marqué un tournant pour le hula. Considéré comme païen et immoral par les missionnaires, le hula a été activement réprimé. Cependant, malgré ces efforts pour éradiquer cette tradition culturelle, le hula a survécu clandestinement, transmis en secret par les kumu hula dévoués.

C’est à la fin du XIXe siècle, sous le règne du roi Kalākaua, surnommé le « Merry Monarch », que le hula a connu une renaissance. Kalākaua a activement encouragé la préservation et la revitalisation des traditions hawaïennes, y compris le hula. Ce soutien royal a permis au hula de retrouver une place centrale dans la culture hawaïenne.

Instruments

Les chants hula kahiko sont traditionnellement accompagnés d’instruments de percussion qui soulignent le rythme et l’énergie de la danse. Voici quelques-uns des instruments les plus emblématiques :

1. **Ipu** : C’est un tambour fabriqué à partir de calebasses séchées. Il existe deux types principaux : l’ipu heke, constitué de deux calebasses attachées ensemble, et l’ipu simple, fait d’une seule calebasse. L’ipu est joué en le frappant avec la paume de la main ou les doigts, produisant un son profond et résonnant.

2. **Pahu** : Un tambour sacré fait de bois de cocotier et couvert d’une peau de requin tendue. Le pahu est souvent utilisé dans les cérémonies religieuses et est considéré comme un instrument de grande importance spirituelle.

3. **ʻUlīʻulī** : Des hochets faits à partir de calebasses remplies de graines, souvent décorés de plumes. Ils ajoutent une dimension rythmique et visuelle aux performances.

4. **Kalaʻau** : Des bâtons de bois frappés ensemble pour marquer le rythme.

5. **Puʻili** : Des bâtons de bambou fendus qui produisent un son agréable lorsqu’ils sont frappés ensemble.

Structure Musicale

La structure musicale des chants hula kahiko est généralement monophonique, axée sur une seule ligne mélodique. Les chants sont souvent composés en utilisant des échelles pentatoniques, qui sont courantes dans la musique traditionnelle hawaïenne. Les mélodies sont souvent simples mais puissantes, conçues pour être facilement mémorisées et chantées.

Les harmonies ne sont généralement pas utilisées dans les chants hula kahiko, car l’accent est mis sur la clarté et la puissance du texte chanté. Le chant lui-même est souvent orné de glissandos et de vibratos, ajoutant de l’expression et de la profondeur émotionnelle à la performance.

Les rythmes sont marqués par les instruments de percussion, et leur complexité peut varier en fonction du chant et de la danse qui l’accompagne. Les motifs rythmiques peuvent être simples ou sophistiqués, souvent en relation directe avec les mouvements de la danse.

Danses

Le hula kahiko est connu pour ses mouvements puissants et expressifs, qui racontent des histoires et transmettent des émotions. Chaque mouvement a une signification précise et contribue à raconter l’histoire du chant.

Les pas de base incluent :

1. **Kāholo** : Un pas glissé latéral qui est souvent utilisé pour se déplacer gracieusement sur la scène.

2. **ʻAmi** : Un mouvement circulaire des hanches, symbolisant souvent des éléments naturels comme les vagues ou le vent.

3. **Hela** : Un mouvement où le danseur avance un pied tout en gardant le talon de l’autre pied sur le sol, souvent utilisé pour indiquer une direction ou une intention.

4. **Uwehe** : Un mouvement de levée des talons avec un léger saut, créant un effet de rebond.

5. **Lele** : Un pas de marche simple mais élégant, permettant au danseur de changer de position sur scène.

Les chorégraphies du hula kahiko sont souvent complexes, intégrant ces mouvements de base dans des séquences qui illustrent les paroles du chant. Les expressions faciales et les gestes des mains sont également essentiels, ajoutant une autre dimension à la narration.

Exemples de Danses

Voici quelques exemples de danses hula kahiko remarquables qui illustrent la richesse et la diversité de cette forme d’art. Chaque danse est accompagnée d’un lien vers une vidéo YouTube pour mieux appréhender leur exécution :

1. **Hula Pele** : Cette danse est dédiée à Pele, la déesse des volcans et du feu. Elle est souvent exécutée avec une intensité et une passion reflétant le tempérament ardent de la déesse.

2. **Kaulilua** : Une danse célébrant la beauté et la puissance de la nature hawaïenne, souvent exécutée lors de cérémonies importantes.

3. **Mele Inoa** : Un chant de nom qui honore une personne ou un événement particulier. Ce type de danse met l’accent sur la narration précise et expressive.

Exemples Musicaux

Les chants hula kahiko sont aussi diversifiés que la culture qu’ils représentent. Voici quelques exemples musicaux qui illustrent cette diversité :

1. ** »Aia La ‘O Pele »** : Un chant puissant dédié à la déesse Pele, interprété par un groupe traditionnel de hula.

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2. ** »Kaulilua »** : Un chant célébrant la beauté naturelle de Hawaï, souvent accompagné de danses élégantes et fluides.

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3. ** »Mele Inoa No Kalākaua »** : Un chant honorant le roi Kalākaua, montrant l’importance des chants inoa dans la culture hawaïenne.

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Artistes

De nombreux artistes ont joué un rôle crucial dans la préservation et la promotion des chants hula kahiko. Voici quelques figures majeures et émergentes de cette tradition :

1. **Edith Kanaka’ole** : Une kumu hula influente, connue pour sa contribution à la revitalisation du hula kahiko dans les années 1970. Elle a fondé la Edith Kanaka’ole Foundation pour promouvoir la culture hawaïenne.

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2. **George Naope** : Surnommé « Uncle George », il a été un fervent défenseur du hula traditionnel et un fondateur du Merrie Monarch Festival, un événement annuel célébrant le hula.

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3. **Malia Craver** : Une figure respectée dans le monde du hula, elle a contribué à l’éducation des jeunes Hawaïens sur leur patrimoine culturel.

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4. **Keali’i Reichel** : Bien que plus connu pour ses chants contemporains, Reichel est également un pratiquant et enseignant du hula kahiko, intégrant souvent ces éléments dans ses spectacles.

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5. **Owana Salazar** : Une artiste versatile, Salazar est à la fois chanteuse, danseuse de hula et joueuse de slack-key guitar, contribuant à la promotion des arts traditionnels hawaïens.

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6. **Uluwehi Guerrero** : Un chanteur et kumu hula respecté, connu pour sa voix puissante et son engagement envers la préservation de la culture hawaïenne.

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Ces artistes, parmi tant d’autres, continuent de faire vivre et évoluer la tradition du hula kahiko, assurant sa transmission aux générations futures tout en respectant ses racines anciennes.

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