**Origine**

La Doina tsigane de Transylvanie, également connue sous le nom de « Doina romani », est un style musical qui puise ses racines dans les traditions orales des communautés roms de Transylvanie. La Transylvanie, une région située au cœur de la Roumanie, est un carrefour culturel où se rencontrent différentes ethnies et traditions musicales. Le terme « Doina » désigne une forme musicale vocale et instrumentale qui exprime des émotions profondes, souvent associées à la mélancolie, à la nostalgie ou à l’amour non réciproque. La Doina tsigane se distingue par son expressivité et son caractère improvisé, caractéristiques qui sont fortement influencées par la tradition musicale des Roms.

**Historique**

L’histoire de la Doina tsigane est étroitement liée à celle des communautés roms en Transylvanie. Les Roms, arrivés en Europe au XVe siècle, ont apporté avec eux un riche patrimoine musical qui s’est mêlé aux traditions locales. En Transylvanie, la musique rom a évolué en symbiose avec les influences hongroises, roumaines et saxonnes. La Doina tsigane s’est développée au fil des siècles, devenant une partie intégrante de la culture musicale transylvaine.

Au XIXe siècle, la Doina a commencé à être reconnue par des ethnomusicologues et compositeurs européens. Béla Bartók, par exemple, a collecté et étudié des chansons roms et roumaines, contribuant à leur reconnaissance internationale. Les Doina étaient souvent jouées lors de rassemblements sociaux et de célébrations, servant à exprimer une gamme d’émotions allant de la joie à la tristesse.

**Instruments**

La Doina tsigane est traditionnellement interprétée avec une variété d’instruments, chacun apportant une texture unique au son d’ensemble :

– **Violon** : Instrument central de la musique tsigane, le violon est utilisé pour sa capacité à imiter la voix humaine. Les violonistes tsiganes sont connus pour leur virtuosité et leur capacité à jouer des mélodies expressives et ornées.

– **Cymbalum** : Un instrument à cordes frappées, le cymbalum ajoute une résonance distinctive et percussive à la Doina. Il est souvent utilisé pour soutenir la mélodie principale.

– **Accordéon** : Introduit plus tard dans la tradition, l’accordéon est utilisé pour sa polyvalence et sa capacité à fournir à la fois des harmonies et une mélodie.

– **Clarinettes et flûtes** : Ces instruments à vent sont utilisés pour leur timbre unique et leur capacité à ajouter des nuances mélodiques supplémentaires.

– **Contrebasse** : Fournissant la base rythmique et harmonique, la contrebasse est essentielle pour ancrer l’ensemble musical.

**Structure Musicale**

La Doina tsigane est caractérisée par sa structure libre et improvisée, souvent sans rythme fixe. Elle utilise des modes musicaux spécifiques, notamment le mode dorien et le mode phrygien, qui lui confèrent une sonorité particulière. Les mélodies sont souvent ornementées, avec l’utilisation fréquente de glissandi, de trilles et d’autres embellissements.

Harmoniquement, la Doina peut être simple, reposant souvent sur une pédale tonale ou harmonique, ce qui permet aux musiciens de se concentrer sur l’expression émotionnelle plutôt que sur la complexité harmonique. Les variations mélodiques et rythmiques sont essentielles, chaque interprétation étant unique.

**Danses**

La Doina n’est pas seulement une forme musicale, mais elle est également associée à des danses spécifiques, bien que celles-ci soient moins structurées que d’autres danses folkloriques. Les pas de danse sont souvent improvisés, reflétant l’esprit libre de la musique elle-même. Les danseurs utilisent des mouvements fluides et expressifs, avec une attention particulière portée à l’interaction entre les partenaires de danse.

**Exemples de danses**

Malheureusement, il est difficile de trouver des vidéos spécifiques sur YouTube qui illustrent directement la danse associée à la Doina tsigane en raison de la nature improvisée et souvent privée de ces performances. Cependant, des vidéos de danses tsiganes en général peuvent donner un aperçu de la gestuelle et de l’énergie typiques des danses associées à ce style musical.

**Exemples musicaux**

– Une interprétation emblématique de la Doina par le célèbre violoniste rom Grigoraș Dinicu montre l’âme de la musique tsigane :

– Le Cymbalum dans une Doina interprétée par Toni Iordache, l’un des maîtres de cet instrument :

– Un exemple contemporain de Doina interprété par le groupe Taraf de Haïdouks :

**Artistes**

– **Grigoraș Dinicu** : Né en 1889 à Bucarest, Dinicu était un violoniste virtuose et compositeur. Il est surtout connu pour sa pièce « Hora Staccato ». Dinicu a contribué à populariser la musique rom au-delà des frontières de la Roumanie.

***video à venir***

– **Toni Iordache** : Surnommé « le Roi du Cymbalum », Iordache est né en 1942 et a révolutionné le jeu du cymbalum avec sa technique rapide et précise.

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– **Taraf de Haïdouks** : Ce groupe roumain est connu pour ses performances énergiques et authentiques de la musique rom et tsigane. Fondé dans le village de Clejani, ils ont acquis une renommée internationale.

– **Gheorghe Zamfir** : Bien que principalement connu pour sa maîtrise de la flûte de Pan, Zamfir a souvent interprété des Doina dans son répertoire, mettant en valeur la richesse émotionnelle de ce style.

– **Mihai Ciobanu** : Violoniste contemporain, Ciobanu perpétue la tradition du violon tsigane avec des interprétations modernes et respectueuses des traditions.

– **Ion Voicu** : Un autre grand violoniste roumain, Voicu a joué un rôle clé dans la diffusion de la musique classique et folklorique roumaine à l’international.

La Doina tsigane de Transylvanie est bien plus qu’un simple style musical; elle est le reflet d’une culture riche, d’une histoire complexe et d’une expression humaine profonde. En tant que telle, elle continue d’inspirer et de toucher des auditeurs à travers le monde, tout en préservant l’héritage vivant des communautés roms de Transylvanie.

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