Origine
Le Macedonikos horos, ou danse macédonienne, est un style musical et chorégraphique originaire de la région de Macédoine en Grèce. Cette région, située au nord du pays, est riche en traditions culturelles et historiques, influencées par les diverses civilisations qui s’y sont succédé, notamment les Grecs anciens, les Byzantins et les Ottomans. Le Macedonikos horos est une composante majeure de cette riche mosaïque culturelle, et il incarne non seulement l’esprit festif de la région, mais aussi son histoire complexe et son identité unique.
Historique
L’histoire du Macedonikos horos remonte à l’Antiquité, où les danses étaient souvent associées à des rituels religieux et des célébrations communautaires. Les anciens Macédoniens, sous le règne d’Alexandre le Grand, étaient connus pour leur amour de la musique et de la danse, utilisants ces formes d’art pour exprimer leur identité et renforcer les liens communautaires.
Pendant la période byzantine, la danse a continué à jouer un rôle important dans la société macédonienne. Les danses étaient souvent exécutées lors de célébrations religieuses et de mariages, et elles ont évolué pour intégrer des influences de la musique byzantine. Durant l’occupation ottomane, la musique et la danse macédoniennes ont absorbé certains éléments turcs, tout en conservant des caractéristiques distinctes qui les différenciaient des autres traditions musicales des Balkans.
Au XXe siècle, le Macedonikos horos a connu une résurgence en tant que symbole de l’identité nationale grecque, en particulier après les Guerres balkaniques et la Première Guerre mondiale. La musique et la danse macédoniennes ont été promues lors de festivals culturels nationaux et internationaux, renforçant ainsi leur importance en tant qu’éléments clés du patrimoine culturel grec.
Instruments
Les instruments utilisés dans le Macedonikos horos sont variés et reflètent les influences culturelles qui ont marqué la région. Parmi les instruments les plus couramment utilisés, on trouve :
1. **La gaida** : Une cornemuse traditionnelle des Balkans, faite de peau de chèvre, qui produit un son aigu et nasillard. Elle est souvent utilisée pour conduire la mélodie de la danse.
2. **Le daouli** : Un grand tambour à deux peaux, joué avec des baguettes en bois. Il fournit le rythme de base et est essentiel pour maintenir l’énergie de la danse.
3. **Le zurna** : Un instrument à vent en bois, semblable à un hautbois, qui produit un son puissant et perçant. Il est souvent joué en duo avec le daouli.
4. **Le tambouras** : Un instrument à cordes pincées, ancêtre du bouzouki, qui ajoute des éléments harmoniques et mélodiques à la musique.
5. **La lyra** : Un instrument à cordes frottées, souvent utilisé dans la musique traditionnelle grecque, qui apporte une texture mélodique riche.
Structure Musicale
Le Macedonikos horos se caractérise par des structures rythmiques complexes et des modes musicaux variés. Les rythmes asymétriques sont fréquents, avec des mesures en 7/8 ou 9/8, qui sont typiques des danses balkaniques. Ces rythmes créent une sensation de mouvement fluide et dynamique, essentielle pour les danses en cercle.
Harmoniquement, la musique macédonienne utilise souvent des modes tels que le maqam, qui est d’origine ottomane, mais aussi des modes occidentaux plus familiers. Les mélodies sont souvent basées sur des motifs répétitifs et des variations ornementales, permettant aux musiciens d’improviser et de dialoguer avec les danseurs.
Danses
Les danses macédoniennes sont généralement exécutées en cercle ou en ligne, avec les danseurs se tenant par la main ou l’épaule. Chaque danse a ses propres pas et figures, qui varient en complexité et en vitesse. Voici quelques pas et chorégraphies associés au Macedonikos horos :
– **Pas de base** : Les danseurs avancent d’un pas du pied droit, puis ramènent le pied gauche à côté du droit, en marquant le temps avec un léger saut.
– **Changement de direction** : Les danseurs pivotent sur un pied pour changer de direction, souvent en réponse à des changements dans la musique.
– **Figures complexes** : Certaines danses incluent des figures plus complexes, comme des tours ou des pas croisés, qui nécessitent une coordination et une synchronisation accrues parmi les danseurs.
Exemples de danses
Pour découvrir les danses macédoniennes en action, voici quelques vidéos qui illustrent ces traditions vibrantes :
Exemples musicaux
Voici quelques exemples de la musique associée au Macedonikos horos, capturant à la fois des airs connus et des interprétations moins célèbres :
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Artistes
Plusieurs artistes ont contribué à la préservation et à la promotion du Macedonikos horos, chacun apportant sa propre sensibilité à cet art traditionnel.
1. **Dimitris Mitropanos** : Connu pour sa voix puissante et émotive, il a interprété de nombreuses chansons inspirées des traditions macédoniennes. Sa carrière a marqué la musique grecque pendant plusieurs décennies.
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2. **Domna Samiou** : Une chanteuse et ethnomusicologue qui a consacré sa vie à la collecte et à l’interprétation de la musique folklorique grecque. Elle a joué un rôle crucial dans la préservation des chants et danses macédoniens.
https://www.youtube.com/watch?v=Y9xCuSkT8zE
3. **Kostas Nouros** : Un chanteur traditionnel qui a su capturer l’essence des chants macédoniens à travers ses enregistrements. Sa voix est une référence dans le genre.
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4. **Petros Loukas Chalkias** : Un musicien virtuose de la clarinette, qui a enrichi la musique macédonienne avec ses interprétations passionnées et innovantes.
5. **Sofia Vembo** : Surnommée la « chanteuse de la victoire » pour son rôle pendant la Seconde Guerre mondiale, Sofia Vembo a également interprété des chansons inspirées des traditions macédoniennes.
6. **Nikos Ksilouris** : Bien qu’il soit principalement associé à la Crète, Ksilouris a également interprété des chansons de toute la Grèce, y compris la Macédoine, apportant une profondeur émotionnelle à chaque performance.
Ces artistes, parmi d’autres, ont joué un rôle essentiel dans la transmission du Macedonikos horos à travers les générations, en veillant à ce que cette tradition dynamique continue de prospérer dans le paysage culturel grec et au-delà.